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HOMO DETRITUS

Les poubelles de Kinshasa

 

Stephan Gladieu est un photographe français, né en 1969.

Son ADN : la couleur et la composition rigoureuse d'une image, son caractère iconique, sa frontalité, sa lisibilité et la frontière entre réel et irréel. 

Son truc : illustrer la condition humaine à travers le monde.


Avec son dernier livre ''Homo Détritus'', Stephan Gladieu nous emmène à la rencontre du collectif ''Ndaku, ya la vie est belle'' fondé par l'artiste plasticien Eddy Ekete et nous confronte à un immense scandale, les poubelles de Kinshasa.

Avant de parler du livre, il est important de découvrir ce collectif. Dans la continuité du travail d'Eddy Ekete qui confronte toujours sa démarche artistique à l’environnement urbain, le collectif ''Ndaku ya la vie est belle'' rassemble des artistes qui dénoncent leur quotidien tel que les guerres incessantes pour le contrôle des mines de coltan..., l’exploitation des femmes et des hommes qui en découle, la lutte contre la pollution de l'environnement et encore bien d'autres sujets dont ils sont les victimes. 

En réalisant des masques et costumes constitués de détritus, ces artistes pointent les problèmes, les incohérences, les injustices. Leurs matières premières ? Facile, ils n'ont qu'à se baisser pour les ramasser. Papier, carton, caoutchouc, canette, toutes sortes de déchets jonchant les rues de Kinshasa. 

Afin de sensibiliser la population, ces artistes habillés de leurs costumes déambulent dans la ville tels des super-héros et invitent les Kinois à une prise de conscience. 

Leur bataille est immense. À titre d'exemple, j'ai appris en lisant le magazine Géo ( j'en profite pour leur faire un peu de pub ) qu'au Congo, lorsque les enfants paient leurs friandises, on peut leur rendre la monnaie en bonbons. Une forme de vente forcée qui fidélisent les enfants et crée en conséquence leur accoutumance au sucre. L'artiste Nada Tshibwawa a donc créé le singe Bonobo congolais avec des papiers de bonbons, un animal qui ne vit qu'au Congo mais que les enfants ne connaissent pas. Grâce à lui, il captive leur attention et dénonce en même temps le poison que peuvent être ces fameux bonbons. 


Comme vous pouvez le constater le collectif est de tous les combats et ils n'en manquent pas. Complètement dingue quand on sait que la République Démocratique du Congo possède l'un des sous-sols les plus riches du monde et qu'il se trouve en 8e position des pays les plus pauvres.


Place au livre de Stephan Gladieu. Ce projet, comme il le dit lui-même s'inscrit dans la continuité de son travail : " Le collectif m’a accueilli pendant deux semaines pour réaliser ce projet artistique. Je suis resté fidèle à mes partis pris photographiques en choisissant de réaliser les portraits dans les rues de Kinshasa, le décor et le personnage se répondant".


Pari largement  réussi avec des photos absolument magnifiques qui en disent long sur notre monde.

À noter une longue préface du romancier Wilfried N'Sondé.

HOMO DETRITUS

de Stephan Gladieu

Editions Actes Sud


Format 24 x 42 cm

Septembre 2022

Prix 32 euros